Élections Municipales 2020 : entre confirmation, conservation et danger
© Frédérick Florin / AFP

Élections Municipales 2020 : entre confirmation, conservation et danger

Les 15 et 22 mars prochains les Français seront appelés aux urnes. Six ans après les dernières élections municipales, la scène politique française a été bousculée. Un nouveau parti a émergé, d'autres sont dorénavant en retrait et certains ont gagné en crédibilité. Quels sont alors les principaux enjeux pour les différents partis ?

Objectif : implantation locale

Selon un sondage Harris Interactive, 52% des Français ne souhaitent pas changer de maire. Dans moins d’une semaine, le verdict des 34.839 communes sera tombé. Les municipales se déroulent dans un contexte politique tendu après des semaines de manifestations et de débats houleux à l’Assemblée à propos de la réforme des retraites. Il s’agit des premières élections municipales pour le parti d’Emmanuel Macron, La République en Marche, créé en 2016. Pour s’implanter au niveau local, LREM soutient des listes de maires sortants qui ont l’avantage d’être connus auprès des habitants. Le parti de l’exécutif espère l’élection de 10.000 élus locaux (ce qui reste très peu sur les 400.000 élus sur le territoire) ainsi que des mairies importantes comme Lyon ou Strasbourg.

Un autre parti cherche une implantation locale solide, Europe Écologie Les Verts. Après le bon score obtenu (13,5%) aux dernières élections européennes, EELV veut faire fructifier la prise de conscience des Français sur le plan écologique. En 2014, le parti n’avait remporté qu’une ville de plus de 100.000 habitants, Grenoble. Pour son secrétaire national, Julien Bayou, l’objectif est de « confirmer Grenoble et multiplier les Grenoble ». Le parti vise Rouen, ville dans laquelle la population est sensible au discours écologiste après l’incendie de l’usine Lubrizol (site Seveso) en septembre dernier. « Le temps de l’écologie est venu » a confié le candidat EELV, Jean-Michel Bérégovoy, à Libération.

Enfin, le Rassemblement national espère accroître son implantation locale. Après une dizaine de villes de plus de 9.000 habitants acquises en 2014, l’objectif est de les conserver. Mais pas que. Le parti de Marine Le Pen s’attaque aux villes du Nord (Lens, Liévin ou Denain), du pourtour méditerranéen et aux petites communes. Le RN poursuit sa dédiabolisation en vantant la bonne gestion des villes sous ses couleurs..

La présidentielle en ligne de mire

A deux ans de l’élection présidentielle, ce scrutin local est l’occasion pour les partis de tester leur popularité. Boudé dans les grandes villes, le RN veut briser le plafond de verre. Cela pourrait se produire à Perpignan où son candidat Louis Alliot est en tête des sondages. Ce serait la première ville de plus de 100.000 habitants à passer sous la bannière de l’extrême droite. Le parti gagnerait en crédibilité pour 2022.

D’autres partis ont besoin de retrouver un élan. C’est le cas des Républicains. Après la « vague bleue » obtenue lors des municipales de 2014, l’objectif pour la formation de Christian Jacob est de conserver un maximum de communes parmi les 572 de plus de 10.000 habitants acquises il y a six ans. Ils espèrent garder leurs bastions historiques, Marseille, Nice, Bordeaux ou Saint-Étienne. Après le départ de ses cadres lors de l’échec des européennes en 2019, ce scrutin pourrait lancer une dynamique positive en vue des échéances à venir. Autre bonne nouvelle pour le parti, à Paris, Rachida Dati caracole en tête des sondages avec Anne Hidalgo (PS), maire sortante.

Le Parti Socialiste compte oublier les difficultés rencontrées lors des dernières élections nationales. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure l’a annoncé, il voit cette élection comme « un moment de renaissance » pour le parti. Le PS possède encore 202 villes de plus de 10.000 habitants et est favori dans plusieurs grandes villes. A Lille, Nantes, Le Mans ou Rennes, leur liste est en tête des sondages selon BVA pour Europe 1. Du côté de la France Insoumise aussi on se tourne vers la futur présidentielle. Aucun objectif clair sur ces municipales n’a été communiqué par le parti. Pour Adrien Quatennens, coordinateur du parti, « le scrutin va renforcer l’idée que l’élection permettant de régler les problèmes, c’est la présidentielle ».

Malgré la recrudescence des listes « sans étiquette » politiques, les partis ont tous beaucoup à jouer sur ces élections.

 

Corentine Sellie.

Corentine Sellie

Étudiante en Histoire, attirée par le métier de journaliste. Passionnée de sport, j'aime en parler sous toutes ses formes. Curieuse de tout, je n'en reste pas moins intéressée par d'autres domaines comme les voyages ou la musique.

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