Interstellar: une expérience futuriste réaliste ?
©Warner Bros

Interstellar: une expérience futuriste réaliste ?

En attendant Tenet, le prochain film de Christopher Nolan, nous revenons sur une de ses oeuvres marquantes : Interstellar. Entre science-fiction et émotions, ce voyage interstellaire nous propose des projections futuristes sur fond de questionnements actuels.

De longs mois sans les salles obscures. Ces cinémas, si fiers d’afficher leurs nouveautés chaque mercredi, se sont trouvés dépourvus suite à la crise sanitaire. L’occasion de ressortir les vieux cartons, et de nous proposer les classiques plus ou moins récents sur grand écran. C’est de cette façon que de nombreux spectateurs ont pu (re)voir Interstellar de Christopher Nolan en salles. 

Dès les premières secondes, le son et l’image nous plaquent à notre siège. Le personnage principal (Cooper, interprété par Matthew McConaughey) perd le contrôle d’un vaisseau, prêt à s’écraser. Comment avoir pu oublier les effets que procurent le grand écran ? Le fait d’avoir vu ce film après des mois pauvres en cinéma a sûrement facilité l’immersion. Mais ce n’est évidemment pas la seule explication.

Représentation d'un trou noir dans Interstellar ©Warner Bros

Derrière l’Oscar des meilleurs effets visuels, Nolan s’est assuré de mener un travail scientifique afin d’arriver au plus proche de la réalité. Représenter l’espace sur écran est un concept presque aussi vieux que le cinéma. Souvent, l’imagination y trouve une place confortable. Mais Interstellar nous parle d’ondes gravitationnelles, de trous de vers, de trous noirs… des éléments qui existent bel et bien. Le réalisateur a donc collaboré avec Kip Thorne, un physicien américain dont les domaines de recherches se portent sur la gravité, l’espace-temps, et les structures stellaires. Si sa théorie sur les trous de ver qui permettraient de voyager dans le temps est controversée dans le milieu scientifique, le physicien a tout de même reçu le Nobel de physique en 2017. Leur collaboration a finalement payé, puisque la représentation du trou noir dans le film était, à ce moment, la plus réaliste jamais produite. Ainsi, une oeuvre cinématographique a contribué a faire avancer la science, par sa volonté d’atteindre la réalité. 

Silence

Le spectacle interstellaire qui s’offre à nous est d’autant plus impactant que la musique s’y adapte. Hans Zimmer a, semble-t-il, composé la mélodie principale sans connaître le scénario, mais avec un texte de Nolan décrivant la relation entre Cooper et sa fille. Ce lien familial doit résister à travers le temps et ses distorsions subies au cours du voyage, donnant parfois lieu à des larmes qui transpercent l’écran. Le temps, justement, est perceptible avec la bande originale. Mountains, notamment, est ponctué toutes les secondes par des « tics », assimilés à des gouttes d’eau, dont chacune représente une journée passée sur Terre. En effet, sur la planète où se trouve Cooper à ce moment, le temps est perçu différemment. Les morceaux allant crescendo se trouvent brusquement interrompus par des moments de silence, que l’on entend dans ce vide spatial. Le silence, dans une salle de cinéma, est prenant. 

L’expérience a tout pour nous embarquer avec elle. Un dernier élément est néanmoins plus remarquable aujourd’hui qu’en 2014. La problématique principale d’Interstellar est la survie de l’espèce humaine, quand les éléments naturels semblent se déchaîner contre elle. La famine menace de tuer tout le monde si une autre planète viable n’est pas trouvée à temps. Deux solutions sont alors envisagées, dans l’optique de trouver cette planète. Soit une partie de l’humanité embarque dans un immense vaisseau, afin de repeupler la nouvelle terre. Soit une colonie d’embryons y est élevée, afin qu’une nouvelle génération s’assure de la survie. Ce dilemme d’urgence et d’atteinte massive à l’espace humaine raisonne étrangement à l’heure du coronavirus. Jusqu’où serions-nous capable d’aller pour sauver l’humanité ? En sortant de cette séance, on pourrait se dire qu’il y a des préoccupations beaucoup plus importantes que la consommation, l’argent, ou notre confort personnel quand nos vies sont en jeu. 

Margaux Dubrulle

Margaux Dubrulle

Étudiante en Histoire engagée sur la voie du journalisme, et curieuse à plein temps armée d'un stylo. Si tout est source d'inspiration, j'écris passionnément à propos de cinéma.

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