La Chine ébranlée par la crise hongkongaise
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La Chine ébranlée par la crise hongkongaise

Depuis le 9 juin 2019, Hong Kong est le théâtre de nombreuses manifestations. Déclenchées par un projet de loi d'extradition vers la Chine, elles sont progressivement devenues une contestation du poids de Pékin dans la politique de Hong Kong.

©: Laura Merceron

Le 6 juin, la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a présenté un projet de loi sur les extraditions vers la Chine. Celle-ci permettrait à Pékin de demander le transfert de tout individu suspecté d’avoir fui la Chine continentale. Les hongkongais ont aussitôt manifesté leur mécontentement et leur inquiétude. En descendant massivement dans les rues, ils ont exprimé leur peur que Pékin n’abuse de cette loi pour condamner sévèrement tous les opposants au pouvoir. Mais Carrie Lam s’est empressée de les rassurer : « Cette loi n’est pas une initiative de la République Populaire de Chine. Je n’ai reçu aucune instruction, ni aucun mandat de la part de Pékin pour faire ce projet de loi. » Le bouillonnement populaire n’a pas pour autant diminué, et le gouvernement hongkongais a renoncé à ce projet le 4 septembre.

Un équilibre fragilisé

Malgré cet abandon, les manifestations n’ont pas cessé. Si Hong Kong est une Région Administrative Spéciale depuis sa rétrocession et bénéficie donc d’une certaine autonomie, Pékin s’immisce de plus en plus dans ses affaires politiques. Le principe d’ « un pays, deux systèmes » n’est plus vraiment d’actualité pour Xi Jinping, le Président chinois. Hong Kong, lors de son passage de l’autorité britannique à l’autorité chinoise, était censée pouvoir conserver son système capitaliste, législatif et judiciaire, ainsi qu’une liberté d’expression plus importante que celle de la Chine continentale. Cette période de transition doit, en théorie, durer jusqu’au 1er juillet 2047.

Mais depuis quelques années, la tendance a changé. Le Parti Communiste Chinois (PCC), au pouvoir, semble s’inquiéter d’une possible diffusion de la volonté démocratique revendiquée par les hongkongais. Le gouvernement de Xi Jinping tente donc de bâillonner l’opinion publique hongkongaise. Par exemple, en 2018, Pékin a interdit le Hong Kong National Party, qui militait pour l’indépendance de la ville, pour des raisons de sécurité nationale. Ces manifestations pro-démocratiques sont donc un véritable enjeu politique pour le Président chinois. Celui-ci n’hésite d’ailleurs pas à encourager les forces de l’ordre hongkongaises à rétablir l’ordre par tous les moyens. Cela a comme effet d’accentuer les violences policières et indirectement la colère des manifestants.

Pour le sinologue Jean-Philippe Béja, le gouvernement chinois en place a tout d’une dictature. Et selon lui, cette révolte hongkongaise, qui est l’une des pires que la ville ait connu, «montre que, pour les dictateurs, rien n’est jamais acquis. »

Laura Merceron

Sources : Le Monde, The Initium (via Courrier International), Arte

Laura Merceron

Apprentie journaliste et étudiante en histoire, le papier est de loin mon meilleur moyen d'expression. Ce que je préfère ? Comprendre comment on en est arrivé là en termes d'actualité, le tout illustré d'infographies.

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