La lutte insuffisante de la France en matière de corruption

La lutte insuffisante de la France en matière de corruption

Le 9 janvier dernier, le Greco a publié un rapport concernant l'état de la corruption en France. Celui-ci s'avère être plutôt critique vis-à-vis de la situation et encourage le pays à faire plus dans sa lutte, donnant par la même occasion des clés d'amélioration.

Quelques définitions avant d'aller plus loin :

Si la France obtient une assez bonne place dans le classement de Transparency International, ce n’est pas tant cette position qui importe, mais l’évolution de celle-ci sur les dernières années. On constate en effet une régression d’une grande partie des pays du G7, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et la France. Cela semble quelque peu inquiétant puisque ce sont ces 7 États qui sont censés montrer l’exemple.

Dans son rapport de janvier 2020, le Greco a présenté 18 recommandations pour rendre la lutte du gouvernement français plus efficace. Celles-ci concernent à la fois l’administration, la police et les hautes fonctions de l’État, présidence de la République incluse. L’une des principales idées de l’organisation européenne est la suppression de la Cour de Justice de la République (CJR). Celle-ci, composée de 15 jurys dont 12 parlementaires, est chargée de juger les ministres. Le Greco s’inquiète ainsi de l’impartialité de la juridiction, puisque ce sont « des politiques [qui] sont, au moins partiellement, jugés par leurs paris. Force est [d’ailleurs] de constater que la jurisprudence de la CJR semble manifester une certaine clémence dans les sanctions. » Le Président Emmanuel Macron a déjà exprimé son souhait de faire disparaître cette cour lors d’une prochaine réforme constitutionnelle, et le Greco ne peut que soutenir cette initiative.

Autre proposition phare du rapport, c’est une plus grande transparence que recommande l’organisation. Elle concerne en particulier les déclarations de patrimoine et d’intérêts du président de la République mais aussi l’extension de celles-ci aux hauts fonctionnaires de l’État ainsi qu’à leurs proches et conseillers, ceux-ci ayant une influence certaine sur leurs décisions. Enfin, c’est dans le domaine policier que le Greco encourage l’État à agir. Contrôle de sécurité à l’entrée en fonction des agents et durant toute leur carrière, et rotation du personnel dans les secteurs plus sensibles tels que le « service de contrôle des jeux et courses » sont autant de mesures recommandées pour mieux prévenir la corruption.

Le plan triennal de lutte contre la corruption du gouvernement, également présenté le 9 janvier 2020, entend de son côté « réaffirmer la volonté du gouvernement de lutter sans relâche contre la corruption », selon les paroles de Nicole Belloubet et Gérald Darmanin, respectivement ministre de la Justice et ministre de l’Action et des Comptes publics. S’il est certes salué par le Greco, cela ne se fait que dans une certaine mesure. Le plan n’a en effet pour principal but que la sensibilisation et non la véritable lutte, et la présidence de la République n’est pas concernée. De nombreux progrès sont donc à réaliser pour faire disparaître ce que le Greco appelle « les zones grises » de la lutte contre la corruption.

Laura Merceron

Sources : Transparency International, le Greco, Economie Matin

Laura Merceron

Apprentie journaliste et étudiante en histoire, le papier est de loin mon meilleur moyen d'expression. Ce que je préfère ? Comprendre comment on en est arrivé là en termes d'actualité, le tout illustré d'infographies.

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