Le Pandhof, un jardin paisible au cœur d’Utrecht
©Margaux Dubrulle

Le Pandhof, un jardin paisible au cœur d’Utrecht

Une semaine aux Pays Bas (3/4) |Utrecht n'est pas la destination la plus connue des Pays-Bas. Pourtant, son charme dépasse de loin de nombreuses villes néerlandaises. Entre ses canaux, ses rues étroites et son empreinte médiévale, Utrecht est un passage incontournable pour un road trip aux Pays-Bas.

Utrecht est connue dans les esprits par son université, dont la renommée est acquise en Europe. Si les étudiants contribuent à sa reconnaissance à l’étranger, les vélos y participent tout autant. La cité néerlandaise met à l’honneur son pays en se positionnant à la troisième place des villes cyclables dans le monde. Mais Utrecht ne serait pas une ville incontournable des Pays-Bas sans son héritage médiéval, la rendant tout autant atypique que pittoresque.

Au début du Moyen Age, Utrecht était une cité chrétienne appartenant au royaume mérovingien. L’évêché éponyme faisait d’ailleurs office de centre de la foi chrétienne pour les Pays-Bas. Si au XVIe siècle la ville s’est tournée vers le protestantisme, il y reste de nombreuses églises chrétiennes, symboles de son importance médiévale. La plus célèbre d’entre elles reste la cathédrale Saint Martin, dont la tour haute de 112 mètres symbolise Utrecht.

Les rues étroites entre les maisons basses invitent à la promenade, à déambuler le long des canaux puis tourner pour voir ce bâtiment qui nous intrigue. Les rues d’Utrecht nous proposent gentiment de nous perdre en leur creux, les découvertes n’en sont que meilleures. La tour (Saint-Martin) domine les toits et nous attire, sans que l’on en prenne conscience.

Le canal, avec la tour Saint Martin en arrière plan © Margaux Dubrulle

Vous pourriez peut-être découvrir ainsi ce portique, entre la cathédrale et le rectorat de l’université, par lequel s’engouffrent tant de touristes. Avant de les suivre (la curiosité l’emporte dans ces cas-là), votre œil sera indéniablement attiré par un gros bloc de pierre à gauche de la porte. Mes réflexes d’étudiante en Histoire n’ont fait qu’un bond en découvrant ce qui y était gravé. Une pierre runique ! Les histoires de ce roi du Nord, Harald à la Dent Bleue, resurgissent à la simple vue de ce rocher. Le temps avait peu à peu poli les runes gravées, mais une plaque accrochée au mur au-dessus les reproduit fidèlement. Après une rapide recherche, on peut découvrir que cette roche imposante est une copie de la plus grande des deux pierres de Jelling, situées au Danemark. Elles ont été gravées au Xe siècle par le fameux Harald, en l’honneur de ses parents (le roi Gorm et sa femme, Thyrvé), de sa conquête du Danemark et de la Norvège, ainsi que de la conversion de son royaume au christianisme. Le modèle exposé à Utrecht, à côté de la cathédrale, ne date pas des exploits vikings mais de dix siècles plus tard. Elle y a été érigée en 1936, à l’occasion du 300e anniversaire de son université. Après s’être remémoré ces souvenirs nordiques, il est temps de découvrir ce que renferme ce portique.

La pierre runique, à l'entrée du cloître ©Margaux Dubrulle
Vue sur le Pandhof ©Margaux Dubrulle

Au-delà du petit porche se trouve un cloître illuminé, enfermant un jardin paisible. Étonnante découverte que le Pandhof au cœur d’Utrecht. Il offre de nombreuses possibilités : se balader entre les fleurs et les abeilles, longer les murs de pierre à la recherche de la fraîcheur, se poser sur un banc pour lire ou papoter… Une fois à l’intérieur, on n’ose hausser la voix, de peur de déranger le chanoine de bronze au sommet de sa fontaine. Entre les 80 espèces différentes de fleurs et d’aromates, vous pouvez apprendre l’histoire de ce lieu. Le Pandhof était à son origine (au XVe siècle) un cloître à fonction religieuse. Il reliait la cathédrale et l’université, anciennement une salle capitulaire (NB : salle d’une abbaye où ses membres se réunissaient régulièrement pour discuter). Au XVIe siècle, le cloître perd sa fonction religieuse et se trouve réinvesti par les habitants de la ville. Ils le transformèrent en lieu convivial, abrité à l’ombre de noyers. Là, ils se retrouvaient pour partager une bière au milieu de poulets et de chariots entreposés. Mais en 1636, le lieu fut récupéré par l’Université. Le jardin a été créé en 1962. En 1975, des habitants l’ont repris en main afin de ne pas le laisser se détériorer. C’est ce jardin que l’on peut découvrir au détour d’une balade aujourd’hui.

Si un petit creux vous surprend après cette découverte idyllique, des terrasses vous attendent près des canaux !

Margaux Dubrulle

Margaux Dubrulle

Étudiante en Histoire engagée sur la voie du journalisme, et curieuse à plein temps armée d'un stylo. Si tout est source d'inspiration, j'écris passionnément à propos de cinéma.

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