Le récap’culturel Mozaïque 2020

Le récap’culturel Mozaïque 2020

Nous en sommes tous conscients, 2020 a été un année éprouvante. Mais cette année, la culture s'est présentée plus que jamais comme une fenêtre essentielle sur le monde, comme une échappatoire à la réalité. La rédaction de Mozaïque vous propose une sélection subjective de sorties qui redorent le souvenir de 2020.

La cinémathèque de Mozaïque 2020

L’Ombre de Staline, Agnieszka Holland

L’Ombre de Staline est un film qui dérange. Par son sujet, d’abord, puisqu’il traite de l’Holodomor, cette famine qui a sévi notamment en Ukraine dans les années 1930 et causa entre 2 et 5 millions de morts. Par sa réalisation, surtout. La place de l’image est centrale : la famine n’est pas racontée, mais montrée. Le contraste entre le faste de la capitale soviétique et la misère rurale n’est dénoncée dans de longues tirades, mais représentée dans des plans parallèles. Le combat du protagoniste, journaliste britannique qui se bat pour rendre publique cette insurmontable vérité, inspire ; son effroi partagé. La réalisation d’Agnieszka Holland n’est pas sans quelques lenteurs ou maladresses, mais on le lui pardonne volontiers : elle dépeint avec brio un événement encore trop ignoré. Intrigué·e ? Allez lire notre critique, plus complète.

Apolline Le Romanser

1917, Sam Mendes

En janvier, 1917 sortait en salle. Le film de Sam Mendes se déroule, comme son nom l’indique, en pleine Première Guerre mondiale. Les troupes allemandes se sont retirées d’une ligne de front peu de temps avant une attaque britannique sur la ligne Hindenburg. Cela paraît être une bonne nouvelle, mais il s’agit en réalité d’une embuscade. Les héros, Schofield et Blake, se voient chargés d’une mission presque suicide : atteindre la ligne Hindenburg avant le lendemain à l’aube pour que l’attaque soit annulée. Le spectateur est embarqué dans l’épopée des personnages : il respire, tremble et court avec eux. L’immersion est totale. Le silence est omniprésent, complété par de magnifiques musiques. Sam Mendes nous fait vivre la guerre, l’attente et la peur d’un ennemi invisible mais bien présent.

Laura Merceron

Tenet, Christopher Nolan

Cinéaste contemporain du temps, Christopher Nolan pourrait avoir abouti sa réflexion avec Tenet. Casting de hauts standing, scénario alambiqué, bande originale à décrocher des oreilles, voilà LE blockbuster de l’année revendiqué comme tel. Son exception réside dans sa conception d’une double temporalité. Nolan ne se suffit pas à l’évoquer : il la met en scène. Il nous livre alors un récit d’action et d’espionnage, ponctué de beaux costumes, et de balles qui partent à l’envers. Livrer un film grand public qui joue de sa technique pour mettre en scène la maîtrise du temps dans un contexte de crise sanitaire-socialo-économique qui met à mal l’industrie cinématographique : bien que Nolan ne conquière pas tout le monde, il a au moins le mérite de son unicité accompagnée de réussite.

Margaux Dubrulle

Été 85, François Ozon

Retour à l’époque des Levi’s 501, des Converses montantes, des disques vinyles des Cure… Été 85 donne un coup d’air frais à cette période anxiogène où les masques et le gel hydroalcoolique sont de rigueur. François Ozon signe son 19ème film avec Été 85, deux ans après Grâce à Dieu qui avait fait couler beaucoup d’encre. Ce film est tout simplement une histoire d’amour d’un été entre deux jeunes hommes qui se termine d’une façon brutale. Filmé en Super 16 comme dans les années 1980 et tourné sur la côte normande, Été 85 nous met tout de suite dans une ambiance particulière… Un air de liberté que l’on avait presque oublié. L’histoire est dure mais la touche de François Ozon donne au film une certaine forme de légèreté.

Marianne Leroux

Soul, Disney / Pete Docter

Soul, c’est le nouveau Pixar, réalisé par Pete Docter qui avait crée les excellents Vice-Versa et Là-Haut. Ce réalisateur à la patte bien définie revient avec un superbe film d’animation qui traite des questions d’âme. Mais c’est surtout une question récurrente : quel est le réel sens de la vie ? La question des vocations qui revient régulièrement est merveilleusement bien posée durant l’heure et demie que Soul nous propose. Comme depuis quelques années, Pixar nous impressionne par sa maîtrise technique, les décors de New York refaits à la perfection. Nos émotions sont mises à rudes épreuves entre rire, pleurs, colère et interrogations. Bref, Soul, c’est (encore) une réussite de Pixar. Quel dommage de ne pas avoir pu voir ce film sur grand écran…

Zoé Keunebroek

La bibliothèque de Mozaïque 2020

Numéro spécial plaisir féminin, les Inrocks et Cheek

© Les Inrockuptibles

En début d’année 2020 est sorti un numéro des Inrocks en collaboration avec Cheek Magazine dédiée au plaisir féminin, en plus de leur habituel numéro d’été Spécial Sexe. Ce numéro déconstruit les clichés sur la sexualité féminine et permet d’aborder des nouvelles normes, des nouvelles sexualités. Les femmes sont à l’honneur et expliquent leurs expériences par rapport au sexe, bien loin d’une vision traditionnelle et phalocentrée de l’amour. Un vrai bonheur. Des sujets plus politiques sont aussi abordés comme la sexualisation problématique des tétons sur les réseaux sociaux. Un numéro que l’on lit avec plaisir, à la fois éducatif, distrayant et libérateur.

Disponible sur le site des Inrocks en achat web ou papier.

Zoé Keunebroek

Lettre à ce prof qui a changé ma vie – Enseigner la liberté , 40 personnalités

© Editions Pocket

Le 16 octobre dernier, la France a été secouée par l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Il a été tué car il enseignait la tolérance. Ce professeur, réputé comme quelqu’un de passionné et de drôle, a marqué ses élèves à tout jamais. Chacun de nous a ce fameux prof qui a changé notre vie… 40 personnalités, dont Rokhaya Diallo, Raphaëlle Giordano, Marc Levy, Agnès Martin-Lugand, ou encore Christiane Taubira, ont voulu rendre hommage à Samuel Paty en se souvenant d’un de leurs professeurs qui a bouleversé leurs vies. Un essai de 140 pages qui donne des frissons à chaque ligne.

Marianne Leroux

Trump et l’enquête russe – Un président déchaîné

© Jan Feindt

Que retenir de la présidence tumultueuse de Donald Trump ? La liste est longue, entre ses nombreux tweets qui ont tapissé deux musées américains en 2017 puis 2019, le désormais culte « You are fake news ! », sa relation « Je t’aime moi non plus » avec le dictateur nord-coréen, le déni de sa défaite… Et les affaires politiques qui continuent de l’entourer. C’est d’ailleurs l’une d’elles qu’ont choisi le média d’investigation Disclose et les éditions Goutte d’Or, en traduisant une enquête du Washington Post éditée en bande dessinée. Le sujet ? Les ingérences russes dans la campagne de 2016. Si l’affaire, et plus encore la politique américaine, pourraient sembler abscons, le dessin a le mérite de les rendre plus claires – car une image vaut mieux que mille mots, comme le veut l’adage. Un support intéressant pour une plongée dans cette enquête des plus passionnantes.

Apolline Le Romanser

La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, Suzanne Collins

© Tim O'Brien

L’univers de Suzanne Collins a fait son grand retour en 2020 : après la trilogie Hunger Games, l’auteure nous propose un préquel, La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur. On y suit le personnage de Coronialus Snow, 18 ans, mentor lors de la dixième édition des jeux. Il se voit confié Lucy Gray Baird, la jeune fille du district 12, une musicienne excentrique aux faibles chances de victoire. Le Président Snow apparaît comme un jeune homme ambitieux et non comme le Président sans cœur de la trilogie. On y découvre même l’origine de certains symboles liés à Katniss Everdeen, comme le geai moqueur et la chanson « L’arbre du pendu. » Dans un Panem d’après guerre où les Hunger Games ne sont qu’à leur début, le prix du pouvoir peut s’avérer très élevé.

Laura Merceron

Sublime Royaume, Yaa Gyasi

© Editions Calmann Levy

Dans l’Alabama contemporain, Gifty est une scientifique rationnelle. Lorsque sa mère, victime de la vieillesse et profondément croyante revient vivre avec Gifty, les deux femmes embarquent dans un voyage de nostalgie, qu’elles approchent différemment. La plume poétique de Yaa Gyasi dessine la vie au Ghana, la dépression, l’amour mère-fille. Sublime Royaume est l’entrelacement de deux générations et leur recherche d’identité.

Alicia Gomba Aibar

La sériethèque de Mozaïque 2020

The Mandalorian (saison 2), créée par Jon Favreau

© Disney +

Dans le monde de Star Wars, un chasseur de primes (un Mandalorien) s’attache à une petite créature, qui était sa cible. Dans cette deuxième saison, son but est de le rendre à ses « pairs ». Un scénario simple, mais qui réussit là où la dernière trilogie de la saga avait échoué : nous plonger dans ce vaste univers, sans se contenter de reprendre la structure de la trilogie originale. Un nouvel espoir pour les prochaines saisons et les autres (nombreux) projets de Lucasfilm ?
Malgré certains défauts, entre des faiblesses scénaristiques – moins importantes dans cette nouvelle saison – et un budget costumes qui aurait dû être plus fourni, cette série et son écriture parviennent à créer un lien fort entre les deux protagonistes et de réelles émotions. Jusqu’à nous arracher des sourires, ou des larmes.

Apolline Le Romanser et Margaux Dubrulle

Normal People, Lennie Abrahamson / Hettie McDonald 

© Enda Bowe - BBC

Normal People est la mini série du best-seller éponyme de Sally Rooney. Entre Sligo et Dublin, nous suivons les vies très différentes de Marianne et Connell. Bien que le fil rouge de la série soit leur histoire d’amour, ne la rayez pas de votre liste en croyant avoir affaire à une série cliché. Normal People dépeint avec une subtilité émouvante l’humanité avant l’amour, le respect avant l’égoïsme. À travers Marianne, Connell et les personnes gravitant autour de leur vie, la série dresse le portrait des instabilités des relations, sincères et chaotiques, des « gens normaux ».

Alicia Gomba Aibar

Industry, Konrad Kay et Mickey Down

© HBO

Produite par HBO et diffusée sur OCS, la série Industry avance la pression, la passion et l’égo qui règne dans le monde des traders. Tout juste diplômé, un groupe de jeunes loups de la finance a pour ambition de conquérir la City à Londres. Tous n’obtiendront pas une place définitive dans la banque d’investissement londonienne pour laquelle ils doivent faire leurs preuves. Le groupe de jeunes va être confronté au monde impitoyable de la finance et pour se défaire de cela, drogue et alcool sont au programme.

Une série intéressante, portée par des acteurs talentueux, qui montre les coulisses d’un monde pas très glorieux et quelque peu dénué de sentiments, où malgré tout naissent des amitiés.

Corentine Sellié

Defying gravity : the untold story of women’s gymnastics

© YouTube Originals

Cette série documentaire est sortie en septembre sur la chaîne YouTube Glamour. Composée de six épisodes, elle présente de manière thématique l’histoire de la gymnastique artistique féminine et les différents aspects de ce sport. La série donne la parole à de nombreuses personnalités emblématiques du monde de la gymnastique, comme Nadia Comaneci, Katelyn Ohashi ou encore Oksana Chusovitina.
L’évolution des quatre agrès est présentée, ainsi que les questions du poids et de la maltraitance, physique et mentale. Des sujets qui ont longtemps été considérés comme normaux pour réussir. Cette série permet de (re)découvrir la gymnastique artistique féminine de haut niveau, souvent mise de côté au profit de sports plus populaires, alors qu’elle regorge d’histoires et d’exploits extraordinaires.

Laura Merceron

Les Demoiselles du Téléphone (saison 5), Ramón Campos et Gema R. Neira

© Netflix

En juillet dernier, la série espagnole Les Demoiselles du téléphone tirait sa révérence et disait au revoir à ses millions de fans. Une dernière saison qui évoque l’une des périodes les plus dures pour le peuple espagnol : la guerre civile. Mais Las Chicas del Cable sont des femmes fortes qui vont le prouver jusqu’à la fin du dernier épisode. Une série résolument féministe qui restera pour moi une des plus belles.

Marianne Leroux

The Crown (saison 4), créée par Peter Morgan

© Netflix

Le 15 Novembre est sortie la quatrième saison de The Crown, la série Netflix centrée sur le règne d’Elizabeth II. Cette quatrième saison se centre sur les femmes de la série : Elizabeth, Margaret Thatcher et Lady Di sont les trois personnages principaux. Mais on retrouve avec plaisir Helena Bonham Carter en tant que Princesse Margaret. Sont dépeints les grands évènements qu’a vécu la famille royale durant les années 1980 : l’élection de Thatcher, le mariage de Lady Di et du Prince Charles, la découverte secrète de membre de la famille abandonnés ou encore l’épisode de l’intrusion d’un londonien dans la chambre de la reine.
Cette quatrième saison est très bien réalisée, avec des plans toujours léchées et un montage contemplatif qui sait prendre son temps. The Crown,  c’est le joyau de Netflix (désolée pour le jeu de mot !).

Zoé Keunebroek

La discothèque de Mozaïque 2020

Curse of the Crystal Coconut, Alestorm

© Napalm Records

2020 n’a pas été la meilleure année pour se retrouver et se déchaîner sur une piste de danse. Qu’à cela ne tienne, Alestorm sort son nouvel album et ajoute un peu de « pirate metal », comme le revendique le groupe, pour pimenter ces temps moroses. La voix rauque de Christopher Bowes, les sons d’accordéon qui s’échappent de son clavier – dynamisés par les autres instruments du groupe – nous emmènent dans un univers fait de beuveries, coffres au trésor et autres histoires de piraterie. Avec, en prime, un aller simple pour Tortuga.

Apolline Le Romanser

CALM, 5 Seconds of Summer 

© Interscope Records

En mars, quand le monde se confinait, le groupe australien 5 Seconds of Summer (5SOS) sortait son quatrième album. CALM, pour « Calum, Ashton, Luke and Michael, » les membres du groupe, comprend 13 chansons qui nous font passer d’une ambiance à l’autre. Si certaines sont plutôt sombres et rythmées, comme Teeth, d’autres s’apparentent à des ballades douces et émouvantes, à l’instar de Lover of mine. CALM est déroutant, les chansons se suivent sans se ressembler. Il est impossible de déterminer quelle direction le groupe a souhaité prendre, et c’est là tout son talent. Son titre, créé à partir des initiales des membres, montrent que cet album représente tout ce que sont les quatre Australiens : un groupe aux influences multiples et aux créations aussi diverses qu’inspirantes.

Laura Merceron

Miss Colombia, Lido Pimiento 

© Epitaph

Cet album est une rédifinition de la Miss Colombie, dont la beauté défie les canons, à l’art provocateur. Lido Pimienta enregistre cet album entre Toronto et un village perdu en Colombie, et y modèle une création hybride de musique traditionnelle et contemporaine. Les rythmes de cumbia et sonorités afro-colombiennes sont accompagnées par des arrangements au synthétiseur. Au fil des 11 morceaux est dépeinte une ode aux racines indigènes et à l’amour sain. Miss Colombia présente une gageure de l’Amérique du Sud honnête et actuelle.

Alicia Gomba Aibar

Plastic Hearts, Miley Cyrus

© Rca Records Label

Le 27 novembre dernier, Miley Cyrus est revenue avec son nouvel album Plastic Hearts, après trois ans d’absence. La chanteuse de 28 ans est surprenante car son album est sans aucun doute un album de musique rock. Fini les chansons d’Hannah Montana ou les musiques pop, place à une Miley plus rock et plus authentique dans ses textes. Une bonne surprise dans une décennie où la musique rap domine les Charts.

Marianne Leroux

S 16, Woodkid

© Barclay

Sept ans après son premier album, Woodkid revient avec un nouvel opus intitulé S 16. Avec un nom directement inspiré du symbole et du numéro atomique du soufre, cet album apparaît comme une explosion de sonorités étranges et envoutantes.
Artiste avant-gardiste, Woodkid, nous apporte des questionnements sur le monde qui nous entoure et des balades aux sonorités mélancoliques comme dans So Handsome Hello. Yohann Lemoine, de son vrai nom, en profite pour exprimer ses combats contre le réchauffement climatique. Le clip de Goliath traduit cela en soulignant la petitesse de l’Homme face à l’ampleur du défi écologique auquel il est confronté. Grâce à cette vidéo, le Français est nommé dans la catégorie Meilleur clip aux côtés de Beyoncé et Drake à la prestigieuse cérémonie américaine des Grammy Awards.

Corentine Sellié

After hours, The Weeknd

© Universal Music

The Weeknd signe avec After hours son quatrième album. Celui qui arrive à nous faire chanter depuis un an sur Blinding Lights continue à marquer l’industrie musicale par son identité unique.
The Weeknd se démarque tout d’abord par sa voix, d’une maîtrise exceptionnelle. Elle s’accorde aux compositions qui s’enchaînent dans leurs propres genres, aux accents électro, atteignant parfois le jazz.
L’esthétique, tant musicale que visuelle, marque les esprits. Le chanteur a trouvé un personnage qui lui colle à la peau et qu’il fait vivre comme bon lui semble. Il évoque les excès et dérives de la vie d’une manière saillante. Ses clips ne vont pas sans rappeler des références cinématographiques en ce sens (Las Vegas Parano, Casino, Joker…).
Avec After hours, le chanteur a de quoi lancer une tournée à succès, décalée à 2021.

Margaux Dubrulle

Weird!, Yungblud

© Interscope Records

Après son premier EP Hope for the underrated youth et son premier album 21st Century Liability, Yungblud revient avec un deuxième album intitulée Weird! Ce nouvel album est une forme de retour aux sources. Le chanteur britannique se recentre sur ses influences punk et grunge du Royaume-Uni. Alors que son premier album avait un versant plus pop, Weird! retrouve de vrais accents punk et Yungblud exploite toutes les possibilités de sa voix en allant du chant au scream.
Ces textes sont toujours excellents, à la fois figuratifs et engagés. On retrouve toujours son esthétique lascive et provocante qui est particulièrement présente dans Cotton candy, une ode au sexe bisexuel – ambiance que l’on retrouve dans tous ses clips.
Gros coup de cœur pour Mars : une chanson puissante et émouvante qui dénonce le harcèlement que subissent les personnes trans dans leur transition.

Zoé Keunebroek

C’est tout pour nos coups de cœur de 2020. La rédaction de Mozaïque vous souhaite une bonne année 2021 et vous dit à très bientôt pour plus de culture ! 

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