Que cache la région la plus ‘’heureuse’’ du globe ? Mythes et réalités du modèle scandinave danois.
© David Singer

Que cache la région la plus ‘’heureuse’’ du globe ? Mythes et réalités du modèle scandinave danois.

Finlande, Suède, Norvège, Danemark et Islande, (parfois mise injustement en marge), sont ces pays au Nord de l’Europe connus sous le nom de Scandinavie. Or, derrière ce terme ne cessent de s’accumuler des croyances populaires Européennes, voire globales. Et non, je ne parle pas que d’Ikea et d’hygge. Au travers de l’exemple danois, s’en suit l’analyse du populaire modèle nordique.

Choc culturel : mobilité en ville 

Un étranger sent les différences dès son arrivée. Lorsqu’il traverse la rue, il est observé par des nombreux cyclistes au feu rouge. Il ne devrait même pas songer à utiliser en tant que piéton les larges pistes cyclables disponibles dans la majorité des boulevards. Il peut toujours tenter, mais les natifs reconnaissent de loin les touristes à vélo.

Eh oui, la Scandinavie avec en tête la ville de Copenhague (partageant une digne rivalité avec Amsterdam), est un exemple à suivre concernant le transport urbain. En une trentaine d’années, le Danemark a réduit de 70% la circulation d’automobiles dans sa capitale, instaurant une culture du vélo touchant tous âges et classes. Ceci est d’autant plus compréhensible lorsque l’on sait qu’acheter une voiture dans le pays, revient à payer le double de son prix en taxes et assurances…

Écart de revenus : comment survivre à la richesse ?

Bien qu’au sixième rang des pays les plus chers, le Danemark reste derrière ses voisins Islandais et Norvégiens, respectivement au 4e et 3e rang. Mais le pays est à la tête de la liste des plus hauts taux d’impôts en 2018, avec des taxes dépassant les 50% du revenu annuel per capita (chiffres : OCDE). Or malgré les hauts salaires d’entre 17 000 et 20 000 DKK pour les jeunes diplômés (entre 2500 et 2800 €), l’endettement des ménages ne cesse d’augmenter, atteignant le premier rang mondial.

Selon un classement de l’OCDE, le Danemark est un des pays qui travaille le moins d’heures par jour. C’est peut être une des raisons pour lesquelles il est connu comme le ‘’pays du bonheur’, bien que cela mette en péril la productivité du pays.

Éducation ‘’new school’’

C’est dès l’école maternelle que les danois, et plus généralement les scandinaves, sont forgés à une faible demande de travail. Les écoles finlandaises occupent le troisième rang mondial du classement PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), en se basant sur une organisation que tout oppose à la ‘’old school’’ : dès 6 ans, les petits Finlandais apprennent les bases de l’éducation à travers le jeu, gagnent en autonomie jusqu’au point de pouvoir organiser leur propre emploi du temps. Tous les repas scolaires sont gratuits, et les élèves ne se présentent qu’à un seul examen standardisé au niveau national, dont les résultats décident des entrées à l’université. Dès les premières années d’enseignement, les jeunes sont libres de sortir de la salle de cours, d’être debout, de courir s’ils en ressentent le besoin. Le ministère d’Education et Culture s’efforce à ce que les chemins d’études soient suffisamment malléables, et ne mènent jamais à un métier sans avenir.

Si le système Finlandais fait rêver, le Suédois en est un digne concurrent. Dans ce pays, l’entrée à l’université se fait majoritairement un ou deux ans après la fin du lycée. Les Suédois sont des jeunes avant de devenir des étudiants, et profitent de ce temps sabbatique pour travailler, faire de longs voyages. Des expériences qui forgent efficacement leur personnalité et ambition, permettant de choisir le chemin d’étude qui leur correspond au mieux (s’ils le souhaitent !).

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la Scandinavie attire autant d’étudiants étrangers : les universitaires danois reçoivent un salaire correspondant à leur niveau d’études (5000 DKK/mois pour un étudiant en licence, approx. 700€), et ne sont pas les responsables financiers de leurs recherches de master, contrairement au reste de l’Europe.

En somme, la Scandinavie compte avec le pilier essentiel d’une économie fructueuse, allié avec une volonté progressiste et durable. Ce combo de privilèges et choix innovateurs s’avère être gagnant, et fait de la région un puissant acteur international.

Alicia Gomba

Alicia Gomba Aibar

Etudiante en histoire, je doute (trop) souvent. Mes articles naissent de mes passions du moment, ou de ma passion pérenne pour l'art.

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