Sex Education Saison 2: reproduction d’une recette qui marche

Sex Education Saison 2: reproduction d’une recette qui marche

Le vendredi 17 Janvier 2020 est sorti sur Netflix la saison 2 de Sex Education. Le studio de vidéo à la demande vient d'ailleurs d'annoncer une nouvelle saison. Cette deuxième saison se situe dans la continuation directe de la première, suivant la même recette et reprenant les mêmes ingrédients, pour présenter un plat final succulent et duquel on n'hésite pas à se resservir.

© Netflix

 La métaphore culinaire est de mise. En effet, tous les bons cuisiniers vous le diront, il y a du sexe dans la cuisine. Sex Education suit quasiment à la lettre cette expression « c’est dans les meilleurs pots qu’on fait les meilleures confitures ».

PS: je précise que cet article sera sans spoils, pour ne pas décevoir ceux qui n’ont pas (encore) vu la saison 2! Au passage: qu’attendez-vous!

Une ambiance sortie tout droit des années 70 britanniques

L’une des forces de Sex Education est sans aucun doute son ambiance. La colorimétrie très « années 70 » sortie tout droit de Shining de Stanley Kubrick est très agréable. Les décors ressemblent aux banlieues d’Angleterre d’il y a 50 ans, tout particulièrement la maison des Groff (Adam et son père le directeur de l’école). Même si la série se situe à notre époque avec la présence de téléphones portables, d’internet et de toute la technologie dont nous disposons aujourd’hui, tout l’univers autour a l’air de sortir de la fin des années 60 et du début des années 70. Les pantalons pattes def, les vestes à franges, les t-shirt de couleurs rayés, les total-looks couleurs sont de mise. 
Le décalage entre une ambiance qui semble datée et une histoire qui se déroule à notre époque donne un charme certain à la série. 

Un jeu d'acteur investi par un très bon casting

C’est avec plaisir que les amateurs de la première saison retrouvent Asa Butterfield, Ncuti Gatwa et surtout Emma McKey! Le très bon casting a été renouvelé, et l’on peut retrouver les personnages géniaux de la saison 1.

Les acteurs sont très bons, tombent quasiment toujours juste, ne font jamais dans le sur-jeu. Même si l’attention se porte principalement sur les « adolescents » (entre guillemets car Ncuti Gatwa qui joue Eric à 27 ans), il faut aussi souligner le jeu des « adultes ». Gillian Anderson est très touchante dans son interprétation de la mère remettant en cause son éducation et essayant tant bien que mal de faire preuve d’autorité face à un fils qui grandit et se rapproche de la majorité. Coup de coeur: Pour la famille Marchetti (Jackson et ses mères), leur investissement dans leurs rôles respectifs servi par une intrigue et un scénario prenants font de ce trio l’un des meilleurs de cette deuxième saison.

Une intrigue originale et prenante

L’intrigue et le scénario sont clairement deux des points forts de Sex Education. Les histoires de chacun sont suffisamment complexes pour ne pas être ennuyeuses et suffisamment simples pour rester réalistes et appréciables. On ne sent jamais de longueur dans les épisodes ou les intrigues de chacun, mais on ne se dit pas non plus que ce qui arrive est totalement invraisemblable. L’une des raisons: chacune des intrigues est bien préparée de manière à ce que la résolution ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe. Les complications auxquelles Otis, Maeve, Jackson, Eric ou encore Ola vont devoir faire face ne donnent pas l’impression d’être sorties d’un chapeau.

Les personnages sont attachants et on est très vite pris au jeu. On se prend à rire, à être triste, content, énervé selon ce qui arrive dans la série. De plus, il est important de dire que la série a brillamment évité le travers de la répétition.

© Netflix

Cela est notamment permis par l’arrivée d’un nouveau personnage: Rahim, le Français. Au départ présenté comme le garçon idéal avec qui toutes les filles veulent sortir, on découvre ensuite un personnage intéressant et relativement complexe.

L'éducation sexuelle: des nouveaux sujets traités avec brio

Dans cette deuxième saison, l’éducation sexuelle reste toujours le sujet principal. Chaque épisode traite de son lot de problématiques: de l’oubli de pilule au lavement anal, de la pansexualité au vaginisme en passant par le problème des frotteurs dans le métro. Les nombreux sujets sont abordés sans aucune idées reçues ou clichés, ou alors ces derniers sont détruits dans la résolution du problème sexuel. Comme dans la première saison, le sujet du consentement est central sans qu’il soit pour autant martelé. On apprécie tout particulièrement une scène où les filles se rendent compte que l’un de leur rare point commun est la peur et l’insécurité dans les lieux publics.

La saison 2 de Sex Education est très bonne, on prend du plaisir à la regarder (« Netflix and chill ») et l’aspect éducatif sur le sexe sans être moralisateur est toujours très bien maîtrisé. Sex Education est définitivement une série rafraîchissante dont on ne se lasse pas!

Zoé Keunebroek

Zoé Keunebroek

Future journaliste culturelle (logiquement ça ne vous a pas échappé). Mon chauvinisme pour le Nord n'a d'égal que ma passion pour la pop culture. Si vous voyez un article sur Harry Potter, il vient probablement de mon clavier !

Un avis ? Exprimez-vous !